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Marrakech : guide des musées et monuments

Sidi Ghanem

C'est évidement la facilité d'accès (pour l'approvisionnement, pour les clients motorisés…) et la taille des locaux disponibles, qui ont poussé de très nombreux professionnels de Marrakech, à s'installer ici. Ils sont presque une centaine. Pour la plupart, ce sont de belles boutiques ; d'ailleurs, une certaine clientèle de Casa et de Rabat ne jure aussi que par Sidi Ghanem.

Quand certains craignent la proximité de concurrents, les professionnels installés ici ont compris que ce qui faisait leur force était, justement, de proposer,  en un espace relativement restreint, une offre considérable aux visiteurs. Outre l'émulation, la circulation des idées et des compétences, c'est un peu une manière de renouer avec l'esprit des antiques confréries.

Marrakech était restée une des capitales marocaines de l'artisanat ; le phénomène des maisons d'hôtes en médina, qui s'est amorcé à la fin des années 90, lui a insufflé une nouvelle dynamique. Dans un premier temps, ceux qui souhaitaient rénover des riads étaient à la recherche d'objets qui conciliaient les traditions marocaines avec des designs plus contemporains. Leurs clients ont emboité le pas et cherché à ramener en Europe ou ailleurs, les témoignages de cette touche marrakchia. Du coup, les artisans locaux, mais aussi des créateurs venus de l'étranger, ont accompagné le mouvement. En dix ans, l'artisanat traditionnel a laissé une large place à l'innovation.

Aujourd'hui, certains touristes qui visitent Marrakech, parmi les lecteurs assidus de magazines de déco ou d'expression contemporaine, et qui savent qu'ils trouveront à Sidi Ghanem, non pas les articles les moins chers, mais les plus innovants, inscrivent la visite de la zone industrielle à leur programme. Après avoir mis en valeur son patrimoine et ses traditions, Marrakech découvre depuis plusieurs années, qu'en matière d'innovation et de modernité, elle a aussi une carte à jouer ; la foire d'art contemporain, en est sans doute, la plus évidente illustration.

Si j'évoquais plus haut, la facilité d'accès, il semble qu'un effet pervers semble nuire à la dynamique en œuvre. De nombreux taxis, fidèle aux habitudes prises à l'Ourika ou près des boutiques excentrées, tiennent à ramasser des commissions et récolter les fruits… de ce qu'ils n'ont pas semé. Le boycott, ou la pratique de courses à des prix exorbitants (1) reste leur moyen de rétorsion contre les récalcitrants. Des solutions innovantes, avec ou sans les pouvoirs publics, devront sans doute être trouvées…

Beaucoup plus sympathiques : des galeries, des restaurants, des bistrots… s'installent désormais dans le secteur et donne à Sidi Ghanem une touche plus humaine, plus conviviale au quartier industriel.

R.A.

(1)    La course de taxi au départ de la médina devrait être à 25 Dh. La ligne de bus 15, au départ de Arset Bilk (Jemaâ el fna), rejoint Sidi Ghanem pour 4 Dh, toutes les demi-heure. Evitez les heures de pointe.
(2)    Le quartier a son site web : www.sidighanem.net

 

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