La présence à Marrakech de Maryvonne Grunberg et de son mari, commence avec des circonstances vraiment extraordinaires. Alors qu’ils accompagnaient une tante en fin de vie, celle-ci a hérité d’une autre parente, perdue de vue, qui avait vécu au Maroc depuis la dernière guerre, après avoir été spoliée de la nationalité française par les lois de Vichy. Si la transmission du patrimoine avait été possible, c’était grâce à la détermination d’une des amies de cette femme, résidente au Maroc elle aussi. Maryvonne et son mari se sont donc trouvés héritiers à leur tour.

Quand ils ont mis les pieds la première fois à Marrakech, en juin 1995, ils ont découvert une magnifique demeure…  à l’abandon depuis plusieurs années, en partie effondrée, et totalement pillée. Mais c’était un lieu chargé d’histoire : le riad Mounia avait appartenu à un vizir de Sidi Mohamed (1859-1873), puis au Pacha d’Agadir (Ahmed ben Ayoun), et leur ancêtre avait été, comme eux, historienne, alors Maryvonne et Alain se sont sentis investis d’une mission et ont entrepris d’en assurer la rénovation. Les travaux ont été achevés en 2001. Petit à petit, est né le désir de faire vivre cette maison, qui ne devait être, au départ, qu’une maison de famille. En 2006, Maryvonne Grunberg a démissionné de l’Education Nationale et a entrepris d’en faire une maison d’hôtes, pendant que son mari finissait sa carrière à Tours. C’est ainsi que Riad Mounia a pu ouvrir ses portes  à nouveau.

Surtout, Maryvonne Grunberg, voulait faire de sa présence ici, une présence utile pour le Maroc, à l’amitié Franco-marocaine. Le maire de Tours, avec qui elle est amie,  la pousse alors à participer à la mise en place du Centre euroméditerranéen du Maroc, dont elle devient vice-présidente. Elle est aussi chargée de mission de la ville de Tours qui a signé, en 2002, un accord de coopération avec Marrakech. Cet accord s’est déjà traduit par une aide à l’embellissement des jardins de la ville marocaine, la fourniture de meubles et de matériel médical à plusieurs hôpitaux, l’animation de manifestations grand public comme « Artistes en herbe », un soutien à des douars de l’Atlas en matière d’irrigation et de cultures biologiques…

Maryvonne est une femme de réseau, qui a développé une connaissance très fine de la communauté française, et des évolutions politiques au Maroc. Ce qui ne devait être qu’une paisible retraite est désormais bien occupé à la constitution de dossiers, à l’établissement de contacts. Son action lui a valu de recevoir en 2008, au Sénat, le trophée de la présence française dans le monde, avec cinq compatriotes, de M. Christian Poncelet, Président du Sénat, et en présence de la secrétaire d’Etat de M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères.

R.A.

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