Avec le décès de ces fondateurs. Dar Bellarj aurait pu vite s’essoufler. Non seulement Maha Elmadi a su merveilleusement reprendre le flambeau, mais elle a su donner à cette maison un vrai supplément d’âme.

Au départ, Maha Elmadi, rêvait d’une carrière artistique, mais son père, enseignant, doutait que ce choix puisse  assurer un véritable avenir à sa fille. Maha a donc fait des études en commerce et management, et , brillante élève, s’est retrouvée très jeune avec la responsabilité d’une entreprise qui construisait des stations essences…

Le destin s’est aussi vite empressé de concilier les aspirations artistiques de Maha et les recommandations de son père. Un grave problème de santé de sa mère l’a amenée à revenir sur Marrakech. Une fois rentrée, son école l’a mis en contact avec Susanna Biedermann, une femme suisse qui avait l’ambition de mettre en œuvre une fondation culturelle, et  qui cherchait une collaboratrice pour des tâches administratives…

Très vite, Maha s’est retrouvée le bras droit de Susanna Biedermann. Comme celle-ci avait tout à apprendre et comprendre de la culture marocaine, Maha a très vite compris la responsabilité qui pesait sur ses épaules : tout ce qu’elle lui transmettait, tout ce qui passait par elle, devait être d’une exactitude absolue. Maha prenait aussi conscience que si elle était imprégnée de culture marocaine, de la vie de la médina, sa formation et son éloignement à Agadir l’en avait aussi détachée ; elle avant honte, parfois, quand elle était sensé guider Suzanna de voir qu’elle-même ne s’y retrouvait pas. Avant même de prétendre transmettre, elle devait donc se réapproprier sa propre culture.

Quand Susanna Biedermann s’est retrouvée désemparée devant l’absence d’intérêt que semblait susciter la Fondation auprès des habitants de la médina, c’est à Maha qu’elle s’est confiée.

Maha venait de se marier et, selon une tradition marocaine, elle devait réunir ses amies à l’occasion de l’Achoura… Maha était la boite à idées de Suzanna et lui a donc proposée une manière de concilier une tradition qui lui incombait et son désir d’être utile à la Fondation. Suzanna lui a donnée carte blanche et le premier évènement fondateur de Dar Bellarj a pu naitre ainsi. En faisant du porte à porte auprès des familles du quartier pour les inviter, en organisant un évènement où tradition et culture s’entrecroisaient, elle a permis ainsi à la Fondation de trouver un mode de fonctionnement original et efficace.

Très vite, la maladie a emporté les fondateurs de Dar Bellarj.

Généralement, un projet s’effondre avec le départ de ceux qui l’on initié. Il est exceptionnel qu’une personne parvienne à reprendre le flambeau, et donner toute la dimension au rêve d’une autre. Il faut voir avec quelle passion Maha Elmadi accueille tout les hôtes de Dar Bellarj pour comprendre qu’elle a réussit cette délicieuse alchimie…

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