Dès la fondation de Marrakech, un ingénieux système permettait l’approvisionnement en eau de la ville: les khéttaras.

A partir des  contrebas de l’Atlas, un réseau de galeries souterraines drainait l’eau de la montagne, vers Marrakech et la palmeraie. Concrètement, tous les 50 m, on creusait un puits ; les fonds de ces puits étaient connectés entre eux par des galeries. Contrairement aux canaux, qui ont tendance à être envahi par la végétation, et sont très sensibles aux intempéries et sujet à l’envasement, les khéttaras permettaient d’apporter une eau saine, avec un minimum d’évaporation.

Ce savoir-faire était surtout l’apanage des hommes du désert. De nos jours, certaines oasis, en particulier dans le Tafilalet, entretiennent encore activement des khéttaras, car elles sont indispensables pour l’irrigation (voir l’illustration à Erfoud).

 

plan des khétarras

Marrakech, ces Khéttaras se comptaient par dizaines ; elles ont pratiquement toutes disparu ; (certaines lignes de puits sont encore visibles dans la palmeraie). Chaque quartier  était organisé autour de ces arrivées d’eau ; c’est la raison pour laquelle les autres équipements publics qui nécessitaient de l’eau, se trouvaient concentrés dans un très petit périmètre (un des exemples les plus remarquables étant la fontaine Mouassine avec, à l’arrière, un très beau lavoir, des toilettes publiques et un hammam). Certaines maisons de la médina bénéficiaient de puits, surtout si elles étaient construites à l’aplomb d’une khéttara.

Les plus vieilles mosquées ont été construites aussi à proximité des points d’eau, afin de permettre de faire ses ablutions avant chaque prière.

Très probablement, le site sur lequel a été fondée la médina de Marrakech, était très aride. Pour les nomades qui fondèrent la ville, cet environnement austère ne devait pas présenter un obstacle. D’autre part, les terres irriguées étant rares, il n’était pas question de les souiller par des constructions.

Les énormes bassins de la Ménara et de l’Agdal (construit du temps des Almohades, soit un siècle après la fondation de Marrakech) servaient pour le stockage de l’eau et sa répartition… Très vite, l’irrigation des contrebas de la médina ont permis de planter une palmeraie, et constituer une ceinture verte autour de Marrakech . Depuis la ville s’est étendue sur ces espaces arborés, ce qui vaut à Marrakech, l’appellation de “ville jardin”.

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