Parce que les rues sont poussiéreuses (et qu’il  pleut parfois), un petit coup de brossage peut redonner du lustre à vos chaussures…

Assis sur un petit tabouret dans les endroits populeux ou slalomant au milieu des rues bondées et entre les tables des terrasses de café, le cireur de chaussures  vous repère vite et, tel un chat à l’affût, vous interpelle, frappant son coffret avec sa brosse, tout en désignant du regard vos chaussures ternes et sales.

Pour trois à cinq dirhams, il redonnera à vos souliers leur lustre initial. Après avoir entouré d’un morceau de carton votre pied ainsi protégé, il nettoie votre chaussure avec un quartier d’orange ou de citron (efficace !) , l’enduit de cirage- du Kiwi (plus-value incontestable) comme le prouve… la boîte-  la fait reluire, une main agitant la brosse en saccades et l’autre faisant des allers-retours horizontaux pour faire contrepoids. Enfin, la chamoisine virevolte sur le cuir.

C’est un boulot apparemment sans histoire ; pourtant, la vie du cireur n’est pas rose : bagarres pour une place, racket des garçons de café, conditions climatiques parfois pénibles, exposition longue aux exhalaisons délétères du cirage, pour un travail peu lucratif. Et la rumeur prétend que les cireurs arrondiraient leurs revenus en étant indicateurs de police, en revendant du karkoubi* ou  du haschich…

Ils méritent toutefois votre accueil bienveillant.

Bon séjour à Marrakech.

A.G.

*On entend par “karkoubi” , un médicament psychodysleptique (ecstasy , n’importe quel anxiolytique  malheureusement souvent utilisé à tort et à travers,…).

Details

Email:

-