La consommation et la fabrication du pain familial à Marrakech. Petit tour d’horizons des usages, des règles implicites et des superstitions…

Vendu un dirham à un dirham vingt, voire deux dirhams  dans la plupart des épiceries ou sur de petits éventaires de fortune installés dans les rues de la médina, le pain rond, «khubz», est, cependant, encore fréquemment pétri chaque matin par les maîtresses de maison de Marrakech qui l’apportent ensuite, religieusement posé sur une mince planche de bois et recouvert d’un linge propre, au four du quartier.

Protégé de la poussière et de l’humidité dans une « tbak », corbeille ronde d’osier à chapeau pointu, il est proposé en abondance à table.

Les couverts métalliques, notamment le couteau, sont souvent considérés comme maléfiques. Aussi est-il rompu à la main, presque toujours par une seule personne, en morceaux triangulaires distribués à chacun des convives. Il remplace alors la fourchette et fait office de cuillère pour la sauce.

Porteur de « baraka » (bénédiction) et sacré, le pain doit toujours être traité avec respect. C’est pourquoi, à la fin du repas, il est soigneusement récupéré et replacé dans la tbak. Et…si l’on aperçoit un morceau de pain par terre, il est de coutume de le ramasser, de l’embrasser  et de le poser en hauteur, sur un muret par exemple, afin d’éviter qu’il ne soit souillé !

Alain G.

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