Les hammams de Marrakech, organisation et conception. Pourquoi va t’on au hammam, description des hammams de Marrakech et d’une tradition parmi les plus fortes du Maroc ?

On fréquente le hammam, ou bain maurepar hygiène mais aussi pour des raisons rituelles et religieuses. Le hammam est même un des lieux fondamentaux de la culture arabe. Historiquement, l’islam a prolongé la tradition des thermes romains ; c’est pour cela qu’on ne trouve des hammams que dans le bassin méditerranéen mais pas dans les pays musulmans africains ou asiatiques.

Marrakech, on trouve des hammams dans tous les quartiers.  Dans certains d’entre eux, les mêmes salles sont utilisées successivement par les hommes et par les femmes ; les hommes venant le matin et le soir, tandis que les femmes viennent dans la journée (pendant que les hommes s’absentent travailler). Sinon, dans la plupart des cas, les hammams ont deux entrées, et celle de droite est généralement pour les hommes ; pour l’autre, parfois, un voile au travers de la porte annonce, aux personnes distraites, la présence des femmes.

Certains vestiaires sont très beaux avec une coupole. Je me souviens avoir vu des hammams dont le vestiaire avait des tapis, des couvertures, et où on pouvait dormir et boire du thé après le bain, mais, aujourd’hui, ces salles ne servent plus qu’à se changer. Dommage…

La partie bain, proprement dite, est constituée de salles successives, généralement trois, toutes voutées ; la dernière salle du hammam, la plus chaude, s’appelle la “borma”. La voûte est une technique architecturale très répandue dans les pays où les arbres sont rares, puisque c’est le moyen de faire un toit d’une grande portée, sans charpente. Dans un hammam, l’intérêt d’une voûte est aussi de permettre l’écoulement de la condensation de part et d’autre des salles, et d’empêcher la tombée de gouttes sur les usagers. Comme la lumière est zénithale, les rayons qui traversent les buées engendrent parfois des ambiances magiques.

Dans les hammams que l’on trouve en Europe, la vapeur est produite par un générateur, au point de former parfois un brouillard épais. Ici, c’est le sol qui est chauffé par les conduits de cheminée de la chaudière et s’il y a un peu de vapeur,  c’est par l’évaporation de l’eau qui ruisselle sur le sol.

La tradition du hammam répond aussi à des impératifs pratiques : dans des régions où l’eau est rare et précieuse, et surtout quand les maisons ne sont pas toutes approvisionnées par un réseau d’eau potable ou équipées de salles de bain, c’est une manière rationnelle de satisfaire aux besoins du plus grand nombre. C’est aussi la raison pour laquelle les bains jouxtent la fontaine publique, les toilettes  et le lavoir : ces différents équipements bénéficiaient autrefois des mêmes réseaux d’approvisionnement (les khéttaras).

Si la tradition du hammam s’est développée uniquement dans les régions chaudes, alors que le sauna est l’apanage des régions nordiques, c’est probablement parce qu’ici, se baigner dans une atmosphère douce et  humide est un vrai contraste, quand là-bas on recherchera une chaleur plus torride et plus sèche.

Autrefois, on ouvrait le hammam pour les pauvres et les voyageurs, la nuit, ce qui en faisait un hôtel bon marché… Enfin, il arrive qu’une famille loue exclusivement le hammam, la nuit qui précède un mariage pour y pratiquer la fête du henné ; les ami(e)s de ceux qui doivent se marier viennent accompagner ces derniers pour effectuer une grande toilette en attendant le jour tant attendu…

R.A.

 

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