Une université n°1 dans le monde arabe

Marrakech abrite a priori l’université numéro 1 au monde arabe. En 2015, l’Université Cadi Ayyad (UCA)  s’est classée au 50ème rang parmi une centaine d’universités mondiales selon The Times Higher Education BRICS & Emerging Economies Rankings 2015. Le 50ème rang n’est pas si encourageant pour les esprits pessimistes, mais ce qui est réellement motivant, c’est que l’UCA dépasse dans ce classement toutes les universités arabes et prend la tête au niveau du monde arabe et d’Afrique du Nord.

Enseignement  des métiers d’art 

Les métiers de la culture et des arts sont des métiers émergents au Maroc en général.  Le marché d’art est devenu un marché prometteur et les personnes intéressées par celui-ci doivent impérativement être bien formées. A côté de l’enseignement public qui propose une licence professionnelle «Cinéma, audiovisuel et médiation» et un master dans «Les métiers de la culture» lancés depuis 2007 à la Faculté des lettres UCA de Marrakech, l’enseignement privé offre plusieurs opportunités d’étudier ces nouveaux métiers comme à l’Ecole supérieure des arts visuels (ESAV) où il y a deux branches «Cinéma audiovisuel» et «Design graphique». Mais aussi  l’Université privée de Marrakech (UPM) qui propose un «Bachelor Arts et culture», un «Master spécialisé marché de l’art et valorisation du patrimoine», un «Bachelor Chef de projets multimédias» et un «Master spécialisé Directeur de projets multimédias» ou encore un «MBA Management par le design».

Des invités de haut niveau  

En plus de son rôle éducatif, l’UCA de Marrakech participe de plus en plus au rayonnement intellectuel de la ville en programmant des interventions animées par d’éminents intellectuels étrangers à l’image d’Edgar Morin récemment et de Tzvetan Todorov qui présentera sa conférence le 5 mars prochain. L’université encourage également le théâtre en programmant un rendez-vous annuel : le Festival  international du théâtre universitaire de Marrakech qui est arrivé à sa 8ème édition en décembre dernier.
Par ailleurs, l’UCA organise, entre autres, des expositions pour les étudiants talentueux.

Culture en dehors  de  l’institution  

La place Jamaa El Fna est déjà réputée depuis bien longtemps par ses spectacles quotidiens de contes et de chants populaires. La  culture ne se limite donc pas et jamais au sein de l’université, à l’école ou à la Maison de la culture. En outre, culture populaire et élitiste se côtoient des fois. Par ailleurs, certains hôtels, cafés et riads locaux ont compris que la culture peut drainer un peu plus de personnes et ils ont essayé de joindre l’utile à l’agréable en se dotant de bibliothèques et de galeries ou en organisant des salons littéraires d’une manière régulière pour accueillir une signature de livre, un récital poétique ou une conférence comme le Grand café de la poste qui invite souvent des chercheurs et hommes de lettres comme Hamid Triki ou Tahar Ben Jelloun dernièrement. Il y a aussi d’autres endroits tels l’hôtel Amani avec son café littéraire Karma, le Café du livre, Dar Cherifa, Café Clock et Riad 18…

Des expositions de  renommée internationale 

Le nombre d’expositions est de plus en plus important chaque année et même s’il y a des sceptiques, la qualité de certains travaux est bien là au rendez-vous. Peinture, calligraphie, photographie, Marrakech est dotée de plusieurs galeries d’art. Citons à titre d’exemple la galerie  David Bloch qui avait exposé l’année dernière les oeuvres de Steve McCurry. Le public a pu ainsi découvrir de plus près le portrait de la fille afghane qui avait fait le tour du monde ou la Galerie 127 qui avait exposé, entre autres, les portraits d’Aida Muluneh, cette artiste éthiopienne qui avait fait la couverture d’un des numéros du magazine artistique Diptyk. Marrakech est dotée également, en plus de la Maison de la photographie (Musée de la photographie ancienne), d’un nouveau musée de la photographie contemporaine. Il s’agit de Marrakech Museum for Photography and Visual Arts (MMPVA), le seul au Maroc d’ailleurs. Celui-ci offre l’opportunité de découvrir le travail de photographes internationaux comme Eve Arnold, Don McCullin et bien d’autres…

Renouveau permanent 

Le projet «Marrakech cité du renouveau permanent» est un programme étalé sur quatre ans (2014-2017) lancé par la commune urbaine de Marrakech dont l’objectif principal est de développer davantage la ville à tous les niveaux. Au niveau culturel, le projet envisage notamment la création d’une cité des arts populaires, un musée du patrimoine immatériel, un conservatoire de musique, un musée de la civilisation marocaine de l’eau, la réhabilitation de certains bâtiments dont celui du Théâtre Royal. Faut-il rappeler que celui-ci a été inauguré en 2001 et que la décision de sa construction a été prise dans les années 70 encore sous le règne de Feu S.M Hassan II et qu’il est resté jusqu’à nos jours inachevé? Il est composé essentiellement d’un hall à l’entrée principale qui sert de galerie d’expositions temporaires et de deux salles de spectacles : une salle en plein air et une autre couverte sous forme d’une salle d’opéra. Toujours en béton, c’est cette dernière qui n’a pas encore vu le jour. Il est à noter également que plusieurs événements artistiques se déroulent au  Théâtre Royal de Marrakech comme les concerts de l’Orchestre philharmonique du Maroc (OPM), les spectacles du Festival du rire, du Festival international de la magie et du Festival des arts populaires.
Le bâtiment abrite aussi les bureaux de la Fondation nationale des arts populaires. En attendant  l’achèvement de tous ces travaux de construction et de réhabilitation, Marrakech pourrait devenir la prochaine capitale culturelle du Maroc après Rabat. Par ailleurs, il est à rappeler qu’au niveau national et grâce à une association à but non lucratif basée à Casablanca, le Maroc vient de se doter depuis septembre 2014 d’une nouvelle plateforme www.artmap.ma qui permet de rassembler tous les acteurs culturels qui existent au Maroc. Il s’agit de l’Association Racines qui avait lancé une étude profonde autour des états généraux de la culture au Maroc avec la coordination de son président Aadel Essaadani et de l’intellectuel Driss Ksikes…

Par Meriem Benmhamed
(Master des métiers de la culture, Université Cadi Ayyad Marrakech)
Mardi 24 Février 2015