La Fondation Dar Bellarj se situe dans le quartier le plus ancien de Marrakech, tout près de la Médersa ben Youssef. Cette fondation a pour objectif de promouvoir la culture vivante dans la médina : transmission des savoir-faire, réappropriation des traditions, valorisation des mamans de la médina…. Elle organise des concerts (de musique soufi, entre autres), des spectacles, des ateliers (théâtre, calligraphie, musique…), des expositions…

Parmi les expositions qui ont marqué la fondation : la construction en pisé, l’art du stuc, couleurs et senteurs, l’Achoura, les jardins de l’Agdal et l’eau, la broderie…

A l’origine, la maison était un fondouq où se trouvait le dernier hôpital des oiseaux d’Afrique du nord. On raconte qu’un homme très sage y vivait pour prodiguer des soins aux cigognes, d’où son nom (« Bellarj » signifiant « cigogne »). Par la suite, ce fondouk fut détruit pour céder la place à une maison ; cette dernière, après le protectorat, fut transformée en école. Abandonnée une bonne dizaine d’années, la maison a été reprise, autour des années 2000, par un couple d’architectes suisses, Susanna Biedermann et Max Alioth (1), afin d’y établir une fondation.

Si de nombreux établissements culturels ont la prétention d’apporter la culture à des gens qui en seraient démunis, la force et l’originalité de la Fondation est d’avoir compris que ce qui faisait l’essence de la culture marocaine était plus liée à des traditions, à des pratiques orales, originales et vivantes, qu’il fallait absolument reconnaître, valoriser. Mieux : conscient qu’une action culturelle ne puisse faire abstraction des réalités sociales, la Fondation(2) soutient, par exemple,  des initiatives comme celle de l’Association Albassar qui œuvre au dépistage de la cataracte chez les artisans.

Voilà un des rares lieux à Marrakech où des univers différents parviennent à se côtoyer et se rencontrer : les familles présentes dans la médina depuis des générations, d’une part,  et les nouveaux résidents d’origine étrangère, d’autre part, et cela, quelque soit l’âge ou le niveau social.

(1) Susanna Biedermann et Max Alioth* ont aussi financé l’ESAV (Ecole des Arts Visuels). Cet équipement d’une qualité exceptionnelle, unique en Afrique, ouvert à des élèves de tout le continent, réunit une section d’art graphique et une section de cinéma.
(2) La fondation est soutenue par la ville de Tours (France)

Horaire d’ouverture :

La fondation ouvre ses portes du lundi au samedi : de 9h à 13h et de 14h30 à 18h
Horaire Ramadan : de 9h à 15h
Fermeture annuelle en Aout

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